De l’urgence d’un état fort à la force d’un état d’urgence


Passer d’un mouvement, certes marginal mais tout-de-même important, militant pour des multinationales responsables, à un unilatéralisme globalement organisé pour une solidarité dans la soumission généralisée, il fallait le faire ; et c’est en partie fait.

Passer d’un moratoire – peu respecté d’ailleurs – s’opposant à la 5G, au télétravail et aux « téléphones intelligents » unanimement célébrés, la prouesse là aussi ne semblait pas moindre et se trouve également en voie de réalisation.

Passer, enfin, du culte sans cesse répété de la solidarité, à celui non moins répété de responsabilité individuelle, voilà qui devrait achever la désorientation à laquelle les populations du monde sont actuellement exposées. Et dans la cacophonie médiatique qui règne actuellement, où le véritable faux spécialiste le dispute au faux véritable spécialiste, gageons que l’inlassable vérité multiple nous sera, pour bien longtemps encore, définie sous ses infinies nuances de subtilité rhétorique.

Et c’est donc, tentant de faire un point critique dans ce bordel organisé, que cette nouvelle thématique « De l’urgence d’un Etat fort à la force d’un état d’urgence » est dédiée, et concernant cette crise sanitaire du coronavirus qui semble bien devoir s’éterniser. Volonté de garantir la sécurité publique ou acharnement à vouloir transformer radicalement notre façon de vivre ? Les deux, peut-être ; et là est toute la difficulté.

« Le monde est beau », l’émission socioculturelle critique de radio django en podcast sur « django.fm ».
Retrouvez cette émission où lectures d’articles de presse et commentaires de la rédaction invitent à des réflexions au sujet de la structure sociale dominante dans laquelle nous nous inscrivons.

Contact :
lemondeestbeau@bluewin.ch
et
Patrick Rion, tél. : 021 546.34.12, répondeur

 

Générique de « De l’urgence d’un Etat fort à la force d’un état d’urgence »

Quand dans nos frontières/ SerréEs dans le confinement/
Que les gestes barrières/
Deviennent nos comportements/
Quand pris de panique/ On devient obéissants/
A de vraies pratiques / Où l’on va s’emprisonnant/
En l’absurde qui s’accomplit/ Sécuritaire et contrit/
Télétravail sans merci/
Moi je me dis/
Tout le monde il est beau, avec sa carte de crédit.

Billet 1

Introduction à la thématique par Patrick Rion.
Après les « experts » de la crise économique de 2008, les « experts » scientifiques de la crise du coronavirus au service du pouvoir.
Lecture de l’article « Plombiers en blouse blanche » de Renaud Lambert, journaliste,  paru dans le Monde diplomatique de juillet 2020.

 

Billet 2

« Du vent ». C’est ainsi que les urgentistes en grève ont qualifié le plan présenté par la ministre de la santé le 9 septembre.
A ce moment, nous étions bien avant le déclenchement de la pandémie de la Covid.
À des services au bord de l’implosion. La ministre propose une enveloppe rachitique, ponctionnée sur d’autres secteurs, eux-mêmes en difficulté.
Faut-il dès lors parler de « crise » de l’hôpital ou de « casse » — un projet de longue haleine visant à livrer une institution emblématique au privé ?

Lecture de l’article « Le cauchemar de l’hôpital du futur », paru dans le Monde Diplomatique d’octobre 2019.
Il est écrit par Frédéric Pierru, sociologue, chercheur au Ceraps, le Centre d’études et de recherches administratives, politiques et sociales et au Centre national de la recherche scientifique, le CNRS. Auteur avec Pierre-André Juven et Fanny Vincent de La Casse du siècle. À propos des réformes de l’hôpital public, Raisons d’agir, Paris, 2019.

 

Billet 3

« SUBPOLITIQUE DE LA MEDECINE »

Dans ce billet, nous vous proposons un texte extrait du livre d’Ulrich Beck « La société du risque » publié en version originale en 1986 et en première version française en 2001. Ce document offre une perspective au sujet du sens et de l’évolution de la médecine.

Billet 4

« TRAVAIL, FAMILLE, WI-FI »

Les géants du numérique pouvaient difficilement imaginer qu’un test grandeur nature de leur vision de la société serait un jour justifié par un motif sanitaire. Or, pendant quelques semaines, producteurs et consommateurs ont dû régler toutes leurs affaires par écran interposé.
Y compris quand il s’agissait d’école, de divertissement, de santé

Paru dans le Monde Diplomatique de juin 2020, cet article est écrit par le journaliste Julien Brygo.